La différence ne crée pas de valeur. Le système, si
27 juillet 2026
La singularité qui ne se concrétise pas reste une promesse J’ai cru longtemps que … Continuer la lecture de « La différence ne crée pas de valeur. Le système, si »
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Les meilleures idées pour une entreprise ne viennent pas toujours de son secteur. Elles peuvent venir d’une librairie, d’un hôtel, d’un restaurant, d’une galerie, d’un commerce à l’autre bout du monde, ou même d’une entreprise qui n’a, en apparence, absolument rien à voir avec la vôtre.
C’est une idée simple. Pourtant, elle change beaucoup de choses lorsqu’on commence réellement à regarder les entreprises de cette manière.
Lorsqu’on dirige une entreprise, on regarde naturellement son marché, ses concurrents, ses clients, les nouvelles pratiques du secteur, ou encore les tendances. C’est évidemment nécessaire. Mais cela crée aussi un risque, celui de chercher les prochaines idées toujours au même endroit.
On observe ce que font les autres, on améliore, on adapte, on ajoute. Et, souvent, on finit par proposer une version un peu différente de quelque chose qui existe déjà. Le problème n’est pas de bien connaître son secteur. C’est de ne regarder que lui.
Prenons un exemple très simple. Un hôtel ne vend pas uniquement une chambre. Il pense à ce que son client va vivre avant son arrivée, pendant son séjour, entre deux rendez-vous, lorsqu’il attend, lorsqu’il cherche quelque chose, lorsqu’il souhaite rester un peu plus longtemps dans le lieu.
Il peut y avoir une bibliothèque, un restaurant, un espace de travail, un service inattendu, une attention particulière portée à l’arrivée.
Pris séparément, chacun de ces éléments peut sembler secondaire. Mais ensemble, ils peuvent transformer la perception du lieu.
Pourquoi un cabinet professionnel ne pourrait-il pas, lui aussi, regarder ce qui se passe dans un hôtel ?
Pas pour copier un hôtel. Pour se demander ce que l’hôtellerie a compris de l’accueil que je pourrais transposer dans mon propre univers ?
La question devient alors beaucoup plus intéressante. Une librairie peut apprendre quelque chose à un commerce. Une librairie ne vend pas seulement des livres. Certaines donnent envie de rester, de feuilleter, de découvrir, de s’asseoir, de revenir. Elles créent parfois une véritable destination autour d’un produit qui pourrait, autrement, être acheté en quelques minutes.
Que pourrait apprendre un autre commerce de cette capacité à créer du temps ? À donner une raison de rester ? À transformer un acte d’achat en expérience ?
Encore une fois, il ne s’agit pas de reproduire une librairie. Il s’agit d’observer le mécanisme derrière ce que l’on voit.
Un hôtel qui ressemble aussi à une galerie. Un restaurant qui accueille une librairie. Un commerce qui devient un lieu de rencontre. Un espace de travail qui intègre les usages d’un hôtel. Une boutique qui devient aussi un lieu de découverte, de transmission ou de pratique.
Ces associations peuvent sembler évidentes une fois qu’elles existent. Mais elles ne le sont pas au départ.
Parce que nous avons appris à classer les entreprises. Un hôtel est un hôtel, un restaurant est un restaurant, un cabinet est un cabinet.
Et chaque secteur possède ses codes, ses habitudes, ses frontières.
Sortir de sa boîte, c’est commencer par se demander si ces frontières sont réellement nécessaires.
C’est une distinction importante. Observer ailleurs ne consiste pas à faire du benchmark permanent.
Le benchmark demande : « que font les meilleurs de mon secteur ? »
Le regard que nous défendons pose une autre question : « qu’est-ce qui se passe ailleurs que je pourrais faire exister ici ? »
La différence est considérable. Dans le premier cas, on cherche à ne pas être en retard. Dans le second, on cherche à créer quelque chose qui n’existe pas encore dans son propre univers.
Cela demande davantage de curiosité. Et surtout, davantage de liberté.
Revenir ensuite à son propre client, car le but n’est pas de collectionner les bonnes idées. Une idée intéressante dans un hôtel peut être parfaitement inutile dans un cabinet. Une expérience formidable dans un restaurant peut n’avoir aucun sens dans un commerce.
Ce qui compte, c’est la rencontre entre ce qu’on découvre ailleurs et ce que vivent réellement ses propres clients. C’est à cet endroit que peut naître quelque chose de singulier. On observe un usage, on comprend pourquoi il fonctionne, on regarde ce que cela pourrait apporter à un autre univers. Puis on imagine ce que ça devient une fois adapté à un autre client, un autre lieu, une autre activité, un autre modèle économique.
Ce n’est plus de la copie. C’est de la conception.
C’est probablement ce qui m’intéresse le plus. Une entreprise peut être définie par son métier. Mais elle n’est pas obligée d’être limitée par lui. Son métier est un point de départ. Son client, ses usages, son environnement, ses actifs, ses partenaires et toutes les possibilités qu’elle n’a pas encore explorées peuvent ouvrir beaucoup plus grand le champ.
Alors apparaissent parfois, de nouveaux services, de nouveaux usages, de nouveaux partenariats, de nouveaux lieux, de nouvelles sources de revenus, et parfois même un tout autre concept d’entreprise.
C’est pour ça que nous aimons regarder les entreprises en dehors de leur secteur. Parce que les réponses qu’on cherche ne sont pas toujours à l’intérieur de la boîte.
Elles sont parfois juste à côté. Et il suffit de regarder ailleurs pour commencer à les voir.
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